Qu’est ce qui nous fait avancer ou, pour reprendre la définition de la motivation, quels facteurs psychologiques conscients ou inconscients nous incitent à agir de telle ou telle façon ? Parlons un peu d’argent et de morale.

 

L’argent source de motivation

 

Maslow et le salaire

Si l’on s’appuie sur Maslow et sur sa théorie des besoins, le salaire permet principalement de satisfaire des besoins de sécurité (manger, se loger, se soigner,…etc.). Il ne permet pas de s’accomplir pour la majorité d’entre nous et ne peut donc pas constituer une source de motivation.

Une part de salaire variable peut permettre pour certains de remplir des besoins d’estime, mais en aucun cas de tous les assouvir. Le levier en terme d’engagement est donc limité.

De plus, l’argent n’est pas une fin en soi, c’est un moyen de répondre à d’autres besoins ou désirs. Si seul l’argent nous faisait avancer, pourquoi en ferions-nous plus que le « minimum syndical » selon l’expression consacrée? L’argent n’est donc pas à l’origine de notre engagement au travail.

S’appuyer uniquement sur la partie salariale pour susciter la motivation paraît risqué.

Un salaire fixé par un marché

Nous sommes tous conscients que le prix du travail est fixé par le marché du travail. Cela réduit d’ailleurs les marges de manœuvre des entreprises, qui ne peuvent trop s’éloigner du marché au risque de ne plus être compétitives.

Les expériences de fixation libre des salaires ou des augmentations ont démontré cette parfaite connaissance du marché du travail et les intéressés se sont toujours montrés très raisonnables.

Le salaire ne peut donc représenter à lui seul une motivation, même s’il peut constituer une source d’insatisfaction importante.

 

Le travail : une valeur morale

 

Jusqu’au slogan

Poussant l’argument de la valeur travail jusqu’à en faire un slogan électoral, on travaillerait en réponse à une règle de conduite jugée conforme à un idéal.

Peut-on voir un idéal dans le travail pour lui même, avec pour unique finalité d’être occupé à faire quelque chose? Il en va plus d’une répulsion de l’oisiveté que d’une réponse à notre quête de sens.

Nous occuper n’est pas une source de motivation sur laquelle s’appuyer pour répondre à notre besoin d’utilité.

Le travail érigé en valeur morale ?

Le travail ne peut être une valeur morale.

Un seul argument permet d’étayer cette affirmation : une valeur morale n’a pas de prix par opposition au travail qui en a un. Il suffit d’arrêter de payer les salariés d’une entreprise pour le comprendre, ils ne seront pas nombreux à continuer de travailler (à juste titre). On ne paie pas une valeur morale, ou elle n’en est plus une.

Ne comptez donc pas sur des leçons de morale pour motiver vos équipes.