Les 3 postures managériales : la posture relationnelle

Le terme « posture managériale » est devenu au fil des ans en une liste des qualités qu’un manager se doit de posséder, se transformant bien gentiment en inventaire à la Prévert. Objectif inatteignable, il a progressivement perdu toute signification. Revenons donc à l’essentiel pour évoquer la troisième position : la posture relationnelle.

 

Quelle posture relationnelle adopter dans son rôle managérial ?

L’ouverture est le maître mot.

Pas toujours évident, dans certains cas même carrément difficile, mais le fil ne doit jamais être rompu.

Même dans les moments durs, ne laissons pas nos émotions prendre le contrôle, restons ouverts à la discussion et à l’écoute de nos équipes.

L’ouverture avant tout

Il est des moments où l’on a envie de fermer la porte.

Un collaborateur qui nous agace, une remarque que l’on juge déplacée, un comportement qui nous déçoit, un désaccord qui s’éternise…

Et puis il y a les moments où, en tant que manager, on doit annoncer une mauvaise nouvelle, prendre une décision difficile ou recadrer.

Dans ces situations, notre première réaction est souvent émotionnelle. C’est humain.

Le problème n’est pas d’avoir une émotion. Le problème, c’est de la laisser décider à notre place.

Parce qu’une fois la porte fermée, il devient très difficile de la rouvrir.

Garder le fil

J’ai toujours considéré qu’une relation managériale pouvait traverser beaucoup de choses.

Un désaccord.
Une erreur.
Un conflit.
Une décision incomprise.

Ce qui est beaucoup plus compliqué, c’est la rupture du lien.

Car une fois que la confiance est cassée, tout devient plus compliqué. Le moindre échange est interprété, la moindre remarque est suspectée, la communication se réduit progressivement au strict nécessaire.

Et nous voilà avec une équipe qui fonctionne peut-être encore… mais qui ne fonctionne plus ensemble.

Le rôle du manager est donc aussi de maintenir le fil. Même lorsqu’il est très fin. Même lorsqu’on préférerait parfois couper court à la discussion.

L’écoute ne veut pas dire être d’accord

Attention toutefois à ne pas confondre ouverture et faiblesse.

Être à l’écoute de ses équipes ne signifie pas dire oui à tout.

Un manager doit savoir dire non.

Il doit savoir prendre des décisions, poser un cadre, exprimer un désaccord et parfois recadrer un comportement.

Mais il peut le faire sans fermer la porte.

Écouter quelqu’un, ce n’est pas nécessairement adhérer à son point de vue.

C’est simplement lui reconnaître le droit d’avoir un point de vue.

Et parfois, au détour d’une discussion, on découvre même que l’on s’était trompé.

Si, si, cela arrive aussi aux managers !

La curiosité de l’autre

Comme pour la posture intellectuelle, la curiosité me semble essentielle.

Mais cette fois, il ne s’agit pas de chercher de nouvelles méthodes ou de nouvelles pratiques.

Il s’agit de s’intéresser à l’autre.

Qu’est-ce qui le motive ?
Qu’est-ce qui le freine ?
Comment réagit-il sous pression ?
De quoi a-t-il besoin pour progresser ?
Qu’est-ce qui lui donne envie de se lever le matin pour venir travailler ?

Nous ne sommes pas tous construits de la même manière.

Et c’est probablement l’une des premières choses à accepter lorsque l’on devient manager.

Il n’existe pas une méthode universelle pour faire travailler les gens. Ce qui fonctionne avec l’un peut être totalement contre-productif avec l’autre.

Il faut donc apprendre à connaître ses équipes. Pas pour devenir leur meilleur ami.

Simplement pour comprendre comment créer avec chacun les conditions d’une relation de travail efficace.

Et quand ça déborde ?

Parce que oui, parfois ça déborde.

Nous avons beau être ouverts, à l’écoute et parfaitement conscients de l’importance de la relation humaine, il y a des jours où nous sommes fatigués, sous pression, énervés.

Et parfois, nous réagissons mal.

L’objectif n’est pas de devenir un robot managérial parfaitement maîtrisé 365 jours par an. L’objectif est de savoir revenir dans la relation.

Reconnaître que l’on s’est emporté.

Dire « je me suis trompé ».

Reprendre une discussion que l’on avait interrompue.

Présenter ses excuses si nécessaire.

Finalement, être manager, c’est aussi montrer que l’on est humain. Et cela rejoint la question de la sincérité que nous avions évoqué dans la première des trois postures.

Le lien en leitmotiv

La posture relationnelle, c’est donc avant tout une question de lien. Un lien qui se construit dans les bons moments, mais surtout qui se préserve dans les mauvais.

Parce qu’une équipe n’est pas uniquement une addition de compétences. Ce sont des personnes qui travaillent ensemble, avec leurs personnalités, leurs émotions, leurs ambitions et parfois leurs petits travers.

À nous, managers, de composer avec tout cela.

Sans chercher à tout contrôler.

Sans laisser nos émotions prendre le dessus.

Et surtout, sans jamais perdre le fil.

Car une fois le fil rompu, il faut beaucoup d’énergie pour le renouer.

Alors, même quand c’est difficile…

Restons ouverts.